vendredi 21 juillet 2017

Retour au Marienbrücke / Pöllatbrücke. Photographies.

Le Pöllat sous Neuschwanstein (le chemin de la gorge est toujours fermé)








Vues du Marienbrücke




Schwangau




Non, Jef, t'es pas tout seul...


Retour à Schwangau











Photos du 21 juillet 2017 par Luc Roger

jeudi 20 juillet 2017

Mosè in Egitto de Rossini au Festival de Bregenz. L'affiche.


Carmen de Bizet au Festival de Bregenz, données techniques

Photo Bregenzer Festpiele: la scène avec les couleurs
des cartes projetées

Photo Luc Roger. La scène de jour.

Cette année, le Festival de Bregenz propose, entre autres,  deux nouvelles mises en scène: Carmen de Bizet sur la grande scène sur le lac de Constance et Mose in Egitto de Gioachino Rossini  dans la grande salle de la Maison du festival. Kasper Holten assure la mise en scène de Carmen, la direction musicale étant confiée en alternance à Paolo Carignani et à Jordan de Souza.

L'opéra de Bizet se jouera pour une trentaine de représentations le temps du Festival, entre le 19 juillet et le 20 août 2017, en principe dans le  grand amphithéâtre à ciel ouvert qui donne sur le lac et qui comporte 7000 places. Il s'agit d'un grand spectacle qui mobilise un nombre impressionnant de personnes: les décors ont été confiés à Es Devlin, le design sonore et l'acoustique à Gernot Gögele et Alwin Bösch, les costumes sont de Anja Vang Kragh. Les deux chefs d'orchestre se partagent la direction musicale de l'Orchestre symphonique de Vienne. Les choeurs sont placés sous la direction de Lukáš Vasilek et Benjamin Lack, le choeur d'enfants est entraîné par Wolfgang Schwendinger. Les chorégraphies de Signe Fabricius.

La distribution des chanteurs est doublée ou triplée selon les rôles:

Carmen Gaëlle Arquez | Lena Belkina | Annalisa Stroppa
Don José Daniel Johansson | Martin Muehle | Arnold Rawls
Escamillo Andrew Foster-Williams | Scott Hendricks | Kostas Smoriginas
Micaëla Cristina Pasaroiu | Melissa Petit | Elena Tsallagova
Frasquita Jana Baumeister | Sónia Grané
Mercédès Marion Lebègue | Judita Nagyova
Zuniga Yasushi Hirano | Sébastien Soulès
Moralès Rafael Fingerlos | Wolfgang Stefan Schwaiger
Remendado István Horváth | Simeon Esper
Dancaïro Adrian Clarke | Dariusz Perczak

Une grande entreprise d'entertainment qui mise sur des techniques de pointe

Le festival culturel des Bregenzer Festspiele attire chaque année en juillet et août plus de 200000 visiteurs dans la capitale du Voralberg, qui s'y rendent essentiellement, mais pas seulement, pour assister à une représentation d'opéra au grand amphithéâtre sur le lac. Le festival est réputé pour l'incomparable panorama sur le lac de Constance, pour sa scène et ses décors impressionnants de gigantisme et, de plus e plus, pour  son ingéniérie acoustique de pointe. Depuis 2015, la direction du festival est confiée à Elisabeth Sobotka, qui a succédé à David Poutney. Le Wiener Symphoniker et le Prager Philarmonischer Chor sont les partenaires habituels de cette gigantesque entreprise d'entertainment. Cette année, pour Carmen, viennent s'y ajouter le Choeur du festival de Bregenz et le choeur d'enfants de l'école de musique de la ville de Bregenz. 

Quelques chiffres, éléments du superlatif
  • La main gauche de Carmen, surnommée "la main Lindau" parce que sa paume fait face à la ville frontalière allemande voisine, fait 21 mètres de hauteur. La main droite, "la main Bregenz", ne fait "que" 18 mètres.
  • Les cartes à jouer sont faites pour des géants: chaque carte a 4,3m sur 7m, soient environ 30 mètres carrés. Le bois en est le matériau. Elles sont peintes et recouverte d'un filet anti-dérapant. Trois cartes se trouvent au centre de la scène sur un plateau tournant. Parmi les 62 cartes, 15 cartes semblent flotter en l'air entre les mains de Carmen, 28 sont disposées sur la scène, 6 cartes sur caillebotis sont verticalement mobiles et peuvent être plongées dans l'eau (trois mètres de mobilité), quelques cartes sont plongées dans l'eau et on n'en voit que les coins.
  • Pour les mains, la décoratrice Es Devlon a pris ses propres mains pour modèles.
  • La cigarette de la main gauche rougeoie et émet de la fumée. Elle symbolise la fabrique de tabac de Séville où travaille Carmen.
  • 6 projecteurs situés au-dessus du fond de l'amphithéâtre permettent d'animer les cartes à jouer en leur donnant leurs couleurs ou, entre autres, en y projetant des vues anciennes de Séville.
  • La construction de la scène a duré 7 mois et a nécessité la coopération de pas moins de 37 firmes autrichiennes, allemandes et suisses.
  • Les organisateurs espèrent dépasser les 90 pour cent d'occupation, hier soir l'attachée de presse évoquait les 90 pour cent. Le public est essentiellement germanophone, avec 70 pour cent des places occupées par les Allemands, directement voisins des Autrichiens. Viennent ensuite les Autrichiens et les Suisses, ces trois populations se partageant les rives du lac de Constance. Des visiteurs viennent du monde entier. 
  • Les décors doivent rester en place le temps de deux festivals, ils doivent résister à l'hiver comme à l'été: les matériaux utilisés doivent supporter des températures allant de moins vingt à plus quarante degrés C.
  • La scène sur le lac est construite sur pilotis: 119 pieux de bois et d'acier sont enfoncés dans le sol du lac.
  • 80 hauts-parleurs sont dissimulés sur scène (cette année derrière les immenses cartes à jouer) et 800 autres entourent l'amphithéâtre. Le fameux système BOA (Bregenz Open Acoustics) permet aux spectateurs de localiser l'origine du son sur scène.
  • 16 containers de 6 mètres de longueur se trouvent dissimulés en arrière scène et servent d'entrepôts et de garde-robes. La superficie totale de rangement de l'arrière-scène est de 828 mètres-carrés.
  • La durée spectacle est le plus souvent réduite pour des raisons organisationnelles (il commence à la tombée de la nuit et doit se terminer à temps pour que les spectateurs aient accès aux derniers trains). Cette année, il dure 2 heures. Le spectacle se déroule sans entracte. 
  • Tout est à vendre après les deux saisons festivalières, des costumes aux mains monumentales de Carmen.


mercredi 19 juillet 2017

Carmen au festival de Bregenz. Impressions photographiques d'avant spectacle.





L'envers du décor

L'orchestre et la salle, en cas de pluie

Derniers préparatifs et nettoyage du lac


Vue de la salle avec les pupitres de l'orchestre










Soirée jazz au Festival d'opéra de Munich: Simon Keenlyside and band

Photo Uwe Arens
Blue skies - Sonlines to American Music.

Soirée de détente au Festival d'opéra de Munich avec un programme jazz concocté par le baryton Simon Keenlyside  qui explore la chanson jazz de la musique américaine depuis la fin des années 1920 jusqu'à l'orée des années 1950 et qui nous donne à entendre des chansons de Gershwin, Berlin, Weill, Kern, Carmichael et Kálmán avec un jazz band d'exception, dont voici la composition:

Howard McGill Saxophone  Clarinette / Flûte / Piccolo
Gordon Campbell Trombone à coulisse
Richard Pryce Contrebasse
Matthew Regan Piano
Mike Smith Batterie / Percussion

A la fois décontracté et intense, Simon Keenlyside donne une première partie de concert présentée et entrecoupée d'explications sur l'histoire de ces grands noms de la musique américaine et sur cette période marquée par l'histoire de l'immigration européenne vers les Etats-Unis et, partant, de l'influence européenne sur la genèse de ces musiques et sa contribution à la constitution de la culture américaine. Avec son quintette de musiciens jazz britanniques, il nous fait découvrir ou redécouvrir le Broadway de la première moitié du 20e siècle en soulignant les racines et les interrelations avec le vieux continent . Le ton est naturel, familier: un émouvant Keenlyside cherche ses mots en allemand pour nous faire partager au plus près sa passion et ses découvertes; avec son groupe il cherche à nous faire approcher les musiques originales de certaines de ces chansons qui ont fait le tour du monde et ont pour certaines connu des centaines d'interprétations. Il souligne les relations entre l'opérette et le jazz, la première ayant souvent nourri le second, dans une approche intelligente, nuancée et avec des interprétations tendres et dramatiques qui profitent de l'immense technique d'un grand chanteur d'opéra. De sa voix chaude, très masculine et virile, Keenlyside exprime le thème omniprésent de l'amour avec des touches tantôt inquiètes et fragiles, tantôt un peu désabusées, le sourire en coin, et de temps à autre chaleureux et émotionnel avec des séductions de crooner. On accueille avec enthousiasme des morceaux revisités comme le Cowboy Song de Kalmán ou Isn't it  lovely day? d'Irving Berlin. Sa magistrale interprétation du Lonely House de Kurt Weil constitue un moment phare de la première partie.

En seconde partie du programme, Keenlyside se fait moins didactique et chauffe la salle avec une sélection de chansons bien connues interprétées avec autant de brio que de coeur. Star dust de Carmichael, The girl next door de Martin et Blane ou le So in Love de Cole Porter mènent le public de climax en apogée. Aux prouesses du trombone de Gordon Campbell répondent celles de la clarinette d'Howard McGill. Keenlyside enchante par la qualité de son legato, la beauté de son baryton au timbre chaud et cette impression d'honnêteté et de sincérité foncières dans la communication nuancée du ressenti émotionnel.

Une belle soirée, certes très divertissante, et qui résulte aussi  d'une réflexion sur l'immigration et la fécondation des cultures.

mardi 18 juillet 2017

Richard Fricke, maître de ballet à Dessau, contribua à l'organisation du premier Festival de Bayreuth

Richard Fricke (né le 03/10/1818 à Leipzig et décédé le 29/04/1903 à Dessau), fut danseur solo et maître de ballet à la cour ducale. En 1853, il fut nommé danseur étoile et maître de ballet de la Cour à vie au Théâtre ducal de Dessau. C'est dans ce théâtre qu'il célébra  son 50e anniversaire sur scène, le 18 Avril 1875. Cette même année,  Richard Wagner l'engagea pour Bayreuth, où il commença à travailler le 12 Juillet comme assistant de Wagner pour la mise en scène. A partir de 1882, il séjourna régulièrement à Bayreuth, où il travailla à l'organisation du festival. En Décembre 1893, il prit sa retraite en tant que maître de ballet, cependant qu'il donna des cours de danse privés dans son appartement jusqu'à son décès.

Sur son expérience bayreuthoise des années 1875-1876, Fricke nous a laissé un journal, qui fut édité à Dresde en 1906 en Allemagne et traduit en anglais en 1998:




FRICKE Richard, Bayreuth vor dreissig Jahren: Erinnerungen an Wahnfried und aus dem Festspielhause, R.Bertling, Dresde, 1906.

FRICKE Richard, Wagner in rehearsal 1875-1876, The Diairies of Richard Fricke (Franz Liszt Studies Series, Pendragon Press 1998)